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9 | 2016
L’ouverture vers les formes et les représentations de la filiation en Espagne et en Amérique latine, et le choix d’une perspective diachronique présida à la rédaction de l’appel à contribution de ce numéro 9 de Líneas, « Filiation, imaginaires et sociétés » ; nous nous présagions pas alors l’ampleur de l’inflexion qui se ferait jour, non pas entre « monde classique » et « monde contemporain » comme nous aurions pu l’imaginer, mais dans ce passage de fin de XXe siècle qui devait voir émerger un genre littéraire témoignant d’une inquiétude propre au sujet moderne, et que Dominique Viart proposa d’appeler, dans un article faisant désormais référence, le « récit de filiation ». Le regard contemporain, loin de vivre le présent comme un moment de plénitude, restituait l’image d’une filiation cassée, d’une transmission empêchée, aux antipodes de récits antérieurs qui privilégiaient davantage une continuité dans laquelle passé, présent et futur étaient encore reliés entre eux et suivaient les fils une trajectoire cohérente.